Ça montre nos corps -mon corps- dans leur état le plus naturels, réel et sensible.
Ça parle de nos souffrances -les miennes. Celles qui s'extériorisent, celles qui sont plus fortes que nous -que moi-, qui nous rentrent dedans, nous écrasent et nous blessent. Celles aussi qui nous font nous sentir libres, vivants et qui nous font -me font- voler et respirer.
Ça traite de l'identité -mon identité- celle d'où l'on sort, dont on s'échappe et où l'on va.
Ça parle de nos choix -de mon choix. Raconter avec nos corps, avec de la musique, des chants, avec des images aussi. Un cirque documentaire en V.O. Notre cirque.
BlancaLuz Capella, Rafael Moraes, Mathieu Boccaren, Damien Dutrait et Ben Miquet. Quel est le fil, invisible et universel, qui relie ces cinq individus. Une culture commune ? Une éducation parfaite ? Peut-être cette appétence particulière pour l’expression artistique ? Leurs papiers d’identité ? Une blessure secrète ?... Qui connaît l’élément déterminant dans leurs histoires singulières qui les amènent aujourd’hui à créer ce spectacle ?
À l’origine du projet, il y a cette envie simple : se raconter sur scène. Dans un documentaire en forme d’autofiction conçu non sur quelques velléités égocentriques mais plutôt comme le miroir d’une société-monde où l’on se s’est jamais autant senti étranger.
Qui n’a jamais éprouvé le sentiment d’être étranger ? Dans un autre pays, une ville nouvelle, face à une autre langue, émigré ou simple visiteur…
Débarqués du Brésil, du Nord-Pas-de-Calais, d’Argentine, du XIe arrondissement de Paris, nés dans les années 70 ou 80, ils viennent de tous horizons présenter une image intime et transcendée de leurs personnalités fondues dans une aventure collective. Ici la voix, les corps, les images et les sons se superposent et s’agencent pour former un témoignage d’humanité.
On y parle de dictature et de disparus, de blessures physiques et de tango, de luttes sociales et de techniques acrobatiques… Les trajectoires personnelles croisent l’histoire collective de leurs origines et de leurs cultures et se révèlent l’un l’autre
Avec toujours cette même peur face à l’inconnu, face toute forme de violence physique, politique ou psychologique. Avec aussi, la force du partage et de la solidarité. Ce propos ambitieux puise toute sa radicalité dans une simplicité apparente qui s’affiche à vue et sans artifice.